Le Ventoux avant tout

9 Mai 2016 | 0 commentaires

Le Ventoux avant tout !

C’est le week-end de l’Ascension qui fut choisi pour réaliser celle du Ventoux, beau sens de l’opportunité.

Les Dentelles de Montmirail servent de mise-en-jambes. 35 km avec des pourcentages variés permettent de peaufiner ses braquets. Pour se mettre définitivement dans l’ambiance, on roule 3 km dans la montée à 8% depuis Malaucène.

Au Jour J., départ du Barroux à 9 heures ; 13 km avec l’agréable col de la Madeleine pour échauffement. A Bédouin, les choses sérieuses commencent. Pendant les 5 premiers km relativement faciles, on entre progressivement en concentration. Beaucoup de monde sur la route et les bas-côtés.

Epingle de St. Estève. On prend la pente à 9% en pleine figure. Chacun est dans la bulle. Le monde se réduit à tous les détails techniques : cadence de pédalage, braquet, alimentation, passages en danseuse pour garder la souplesse de jambes… On sait que pendant 10 km. il n’y aura aucun répit, aucune pause. Chaque borne annonce le programme du kilomètre suivant, jamais au-dessous de 8%. Il faut résister à l’envie de rattraper celui qui est devant ou de suivre celui qui vous double. La montée du Ventoux est une épreuve de résistance ; il faut durer et le temps est long. Chaque kilomètre coûte environ 6 minutes et il y en 10 jusqu’au Chalet Reynard. Toutes les ressources mentales, il faut les trouver en soi-même. C’est aussi pour cela, que le Ventoux est une belle épreuve.

Au bout d’une heure et demie, regroupement au Chalet Reynard. Il reste 6 kilomètres. Le paysage change brusquement et il est époustouflant. Il n’y a plus que des cailloux et des chenilles processionnaires qui progressent lentement. La fatigue accumulée  est compensée par le bout du chemin qui s’approche, et que l’on voit. On ne peut plus craquer. On jette toutes ses forces dans le dernier virage en épingle. Et voilà, c’est fait, on a gagné.

On se retrouve sous le panneau du sommet pour la photo souvenir. On parle peu, la satisfaction est toute intérieure. Les grandes douleurs sont muettes mais les grandes joies aussi.

La dernière journée nous fait enrouler 100 km. bien vallonnés autour du Ventoux par le Nord. A Sault, direction le Géant de Provence par le versant le moins pentu. Arrivés au Chalet Reynard, plus personne n’a le courage de remonter tout en haut. Nous replongeons alors vers Bédouin, descente vertigineuse qui nous fait encore plus apprécier l’effort de la veille.

Le retour vers Le Barroux se fait en pente douce et en roue libre car une tartiflette géante nous attend ainsi que quelques bouteilles de Côtes du Ventoux….